Sur une période plus récente, de 2009 à 2019, le Service statistique ministériel de la sécurité intérieure (SSMSI) «constate une diminution du nombre de mis en cause mineurs notamment pour les atteintes aux biens et modérément pour les atteintes aux personnes». En effet, la surmédiatisation des affaires criminelles et délinquantes ne dit rien de leur évolution. l’Observatoire national de la politique de la ville. Et si les chiffres repartent à la hausse, ils sont bien loin d’atteindre le niveau pré-confinement L’enquête « Cadre de vie et sécurité » a donc vocation à contribuer au débat public sur la délinquance en tant qu . La quasi-totalité des affaires poursuivables reçoivent une réponse pénale. Cela conduit les médias et la population à s’alarmer sur un sujet en particulier en le mettant à l’ordre du jour, ce qui laissera imaginer qu’il est en augmentation. les violences sexistes dans l’espace public sont les plus grandes, taux de plaintes des femmes ces trois dernières années, une forte augmentation des années 1955 à 1985, remontée des cambriolages au début des années 2010. victimation montre une relative stabilité depuis 20 ans. L’augmentation de la délinquance dans les années 60 et 70 est lié à la généralisation de la société de consommation (beaucoup plus de tentations !). Ces baisses conjointes sont contrebalancées, dans des proportions moindres, par une légère hausse des suspicions de mineurs parmi les «infractions révélées par l’action des services» (dont + 4 points pour les infractions à la législation sur les stupéfiants) ou les «autres infractions». Le nombre de mises en cause de mineurs dans des affaires d’escroquerie et d’infractions économiques et financières est stable et demeure particulièrement faible (au maximum 7,9% des suspicions, mais plus souvent autour de 4%). A fortiori si on n’était pas présent au moment du délit (par exemple, dans le cas d’un cambriolage). Ainsi, on s'aperçoit que le facteur dit ethnique dissimule en réalité 3 autres : le lieu de résidence (le quartier, sa pauvreté, son taux de chômage, insalubrité des logements, faibles équipements socio-éducatifs…) ; le résultat scolaire (échec ou orientation vers filière dévalorisante) : la taille de la fratrie (familles nombreuses). Le phénomène recule en 2002 avec 32 occurrences, puis seulement 23 en 2003, et il disparaît quasiment en 2004.». a. Les jeunes jamais aussi violents face à une justice laxiste ? Ainsi, pour 100 mises en causes en 1998, plus de 22 visaient des mineurs. Par ailleurs, une autre hypothèse est liée à l’évolution du banditisme. Là encore, l'OFS invoque une sensibilité accrue de la population à la violence depuis les années 1980. L’affaire Weinstein, le mouvement #MeToo et #BalanceTonPorc ont permis une augmentation du taux de plaintes des femmes ces trois dernières années. Ces précautions prises, on peut relever que dans les enquêtes CVS 2019, 2018, 2017 et 2016 figure la part d’auteurs mineurs pour quatre groupes de délits : violences hors ménages, menaces, injures et vols ou tentatives avec violence. b. La jeunesse est une population instable et qui fait peur, encore plus dans une société de crise, de chômage et de précarité. L’autre source fréquemment citée correspond aux remontées administratives qui viennent des forces de l’ordre et permettent d’évaluer le nombre de «mises en cause», c’est-à-dire de fois où des mineurs sont suspects. e. La délinquance baisse pour les faits les plus graves. Laurent Mucchielli montre qu’en croisant les études, malgré certaines variations, on observe une stabilité globale depuis 30 ans. Plus en détail, le ministère écrit, pour l’année 2018 : «Les mineurs condamnés pour crime, au nombre de 491, représentent 1% des mineurs condamnés, 67% d’entre eux ont commis un viol. Après une histoire des méthodes de mesure et de leurs mutations contemporaines, les auteurs font apparaître les grandes évolutions de la délinquance : augmentation du vol de masse avec l'essor de la consommation depuis les Là encore, si un mineur est condamné à plusieurs reprises au cours d’une même année, il est compté à chaque fois. C’est précisément ce dont témoigne le graphique ci-dessous, issu de l’article de Laurent Mucchielli. Cet ensemble passe de 675 000 mises en cause en 1996 à près de 922 000 en 2018 (là encore, l’augmentation est bien plus rapide que celle de l’ensemble de la population). Or, si nous prenons une vue plus distanciée, le taux de meurtre a diminué de 50 % depuis 1995, passant de 1600 aux alentours de 900 ces dernières années, tout en sachant qu’il y a une augmentation des tentatives. Voir la réponse [8] Contrairement aux hypothèses d’ensauvagement de la société qui serait produit par « des décennies d’individualisme forcené » dont chacun est à la merci en sortant de chez soi, les crimes et délits ne constituent pas un risque quotidien. Dans les statistiques des services de police et de gendarmerie, les vols et les cambriolages ont connu une forte augmentation des années 1955 à 1985, pour se stabiliser jusqu’au début des années 2000, avant de décroître. New York a réduit de moitié la délinquance en 5 ans, nous pouvons le faire en France également Le candidat qui promettra d’arrêter le jeu de ping-pong entre les responsables de … Alors qu’entre 1990 à 2000, « les viols collectifs n’avaient occasionné qu’un volume de 1 à 7 titres (pour une moyenne de 4 par an), en 2001 l’expression "viols collectifs" ainsi que celle, nouvelle, de "tournantes", apparaissent au total à 50 reprises. Si on additionne les tentatives, il s'agit du nombre le plus élevé depuis 1972. Ceux-ci ont un impact fort sur le sentiment d’insécurité et sont plus bien réguliers que les agressions violentes et les crimes. D’abord, ces travaux «calculent des taux d’auteurs, mais pas de délinquance», fait remarquer Sebastian Roché. Tout d’abord, on ne peut pas expliquer le comportement particulier de quelques-uns par une caractéristique générale. Cependant, nous avons vu que nous pouvons prendre une vue un peu plus distanciée dessus. Les chiffres de la délinquance a. Eric Dupond-Moretti dans l'hémicycle du Sénat le 21 juillet. Ces évolutions, qu’il faut interpréter avec prudence, doivent être mises en perspective avec l’évolution de la délinquance constatée en général. Les médias ont également relayé dans des tribunes sur l’explosion de l’insécurité en France, Marianne et Valeurs Actuelles en première ligne. Il n’empêche que, depuis son apparition, l’enquête CVS demande bien aux victimes de certaines infractions si elles estiment que leur agresseur était mineur ou majeur. [10] Par ailleurs, les mineurs sont les plus nombreux dans les catégories d’infractions les moins graves. Et surtout, dans le cas qui nous intéresse, les enquêtes de victimation sont limitées pour mesurer la délinquance des mineurs. Deux phénomènes ont fortement joué ces dernières décennies. Sur la même période, la proportion de condamnations prononcées contre des mineurs stagne entre 8% et 9% de l’ensemble des condamnations. Le sentiment d’insécurité, une émotion exacerbée provenant d’une société imaginée ? [9] Cependant, les enquêtes de victimation de la délinquance menées à des échelles locales et nationales montrent une baisse de la fréquence des infractions commises par les mineurs depuis les années 90. Dans une première partie méthodologique, il discute d’abord la question des données statistiques mobilisables sur le sujet. En effet, la pénalisation du viol s’est élargie au 20ème siècle notamment avec le viol conjugal dans les années 1990 grâce aux mobilisations féministes. Une proportion à considérer avec prudence, donc, puisqu’elle est construite à partir de l’estimation des victimes. la forte baisse globale des homicides depuis 1994. tout comme les chômeurs et les classes populaires. Viennent ensuite l’ensemble des atteintes aux personnes (21% y compris les atteintes sexuelles), les infractions à la législation sur les stupéfiants (13%) et les outrages (4%).». Car, s’il est plutôt simple de déclarer qu’on a subi certaines infractions (violence, vol…), il est beaucoup plus difficile de déterminer l’âge du contrevenant. […] Les statistiques policières ont alors traduit ces orientations en une augmentation importante du nombre de mineurs mis en cause, ce qui a été souvent décrit à tort comme une explosion de la délinquance juvénile.». Si on prend l’exemple de Paris dont les atteintes aux biens ont bondi de 12 % (vols à la tire, vols dans le métro, cambriolages de commerces…), cette dynamique inflationniste s’explique par la mobilisation constante des policiers lors des manifestations de Gilets-Jaunes. Il faut donc être prudent avec les statistiques administratives de police et croiser celles-ci avec les résultats des enquêtes de victimation. La délinquance est réelle dans notre société. Ces statistiques comportent deux biais principaux : 1. Vaccin Pfizer : 3000 personnes ont-elles subi des effets indésirables aux Etats-Unis ? Insécurité et délinquance : la guerre des chiffres est lancée ! Laurent Mucchielli l’explique, auprès de CheckNews : «Depuis des années, les lois sont de plus en plus répressives. Ils ont ensuite connu des périodes en dents de scie pour diminuer au début des années 2000, tout en sachant que les seuls statistiques de la police sont insuffisants. Difficilement. Le Club est l'espace de libre expression des abonnés de Mediapart. Pour conclure, sans relativiser la délinquance et la criminalité, on comprend toute la complexité des statistiques à son égard. Par ailleurs, seulement la moitié des hommes qui ont déclaré avoir subi des violences physiques les décrivent comme graves contrairement à l’écrasante majorité des femmes. Tout d’abord, on a assisté à la judiciarisation croissante des affaires où des mineurs sont impliqués. Gérard … Par ailleurs, il faut faire attention à la tentation anxiogène très présente dans notre société qui réfléchit à la délinquance sur une temporalité très restreinte (et utilisant que la statistique des services de police). Les homicides, les agressions physiques violentes sont des faits qui malheureusement se produisent chaque année : environ 900 homicides et 690 000 agressions physiques. Les chiffres de la criminalité ont augmenté à partir des années 1970 et jusque dans les années 1980 en raison d’une convergence d’événements. Pas d’« ensauvagement » global de la société Or depuis le milieu des années 1990, le nombre d’homicides en France est passé de 3 pour 100 000 personnes à 1 pour 100 000. Il déplore aussi le manque d’appui des pouvoirs publics dans la réalisation de ces études, puisqu’elles n’émanent que d'«initiatives individuelles de chercheurs, ou d’initiatives internationales coordonnées», comme l'ISRD. Abonnés Depuis le 11 mai et le déconfinement, la délinquance reste à un niveau bas dans la capitale. L’ordonnance de 1945 a été réformée 24 fois et 12 fois depuis 2002, durcissant toujours les peines. On peut en extraire des indicateurs statistiques sur les évolutions de la délinquance et du sentiment d’insécurité. Les chiffres de 2019 proviennent d’Interstats et ne révèlent que le nombre de plaintes déposées. D’autant plus qu’une augmentation des plaintes enregistrées par les services de police d’une année sur l’autre ne dit rien sur l'évolution du crime, tout comme nous le montre l’accroissement de la statistique des viols qui se produit depuis 3 ans, résultant du mouvement de libération positive des femmes (#MeToo, #BalanceTonPorc, affaire Weinstein) et non d’une augmentation des viols. Par la pression des médias et des politiques bien plus que par la réalité concrète, le sentiment d’insécurité semble primer sur l’insécurité réelle dans la société. Le sociologue et directeur de recherches du CNRS Laurent Mucchielli, dans un récent article de la revue algérienne Insaniyat, constatait, en s’appuyant sur les chiffres du ministère de la Justice, qu’il y avait moins de condamnations de mineurs au milieu des années 2010 qu’au milieu des années 1980. En effet, les statistiques de police mesurent plus l'activité des services que la délinquance réelle et ce, pour plusieurs raisons. Nous pourrions seulement constater une réelle « explosion » si les données statistiques des enquêtes de victimation le démontrent. Vous nous avez aussi demandéPeut-on dire qu’il y a de plus en plus de violences en France depuis 30 ans ? [13] Le facteur ethnique reste un élément secondaire de la délinquance. Les statistiques de police et de justice ne constituent pas un enregistrement de la délinquance des mineurs réelle mais un baromètre de son traitement institutionnel. Deux décennies plus tard, il n’y en a plus que 18, selon les chiffres compilés par l’ONDRP. Notre pays serait devenu une jungle de la violence. Ainsi, si on suit la logique médiatique, les viols collectifs ont explosé au début des années 2000 pour ensuite disparaître totalement à partir de 2004 puisque plus aucun article n’a été traité sur ce sujet ! Délinquance: les vols, les portables, les femmes et les faux-semblants des chiffres. […] En matière délictuelle, le premier motif de condamnation est les vols et recels, qui représentent 44% des délits sanctionnés. Depuis les 15 dernières années, la majorité des intellectuels marqués à gauche a pris conscience de la réalité de la délinquance et des conséquences contre-productives de sa négation idéologique. Dans un deuxième temps, à partir de 1998, ils ont à la fois stabilisé la saisine des magistrats du siège et réduit considérablement les classements sans suite, au profit d’une croissance extrêmement forte et rapide des alternatives.». Si cette judiciarisation n’a pas débouché sur davantage de condamnations, c’est car la justice, et notamment les parquets, a développé et employé, de plus en plus fréquemment, des alternatives aux poursuites. Peut-on dire qu’il y a de plus en plus de violences en France depuis 30 ans ? On constate alors que les mineurs représentent une part stable, voire en léger recul, de l’ensemble des suspicions émises par les forces de l’ordre. Les hommes sont quant à eux 14 % a déclaré un fait dont 5 % un fait grave. A Marseille, la grève des éboueurs tourne au vinaigre, Au secours de «Science & Vie», Roselyne Bachelot veut revoir les aides à la presse, Profaner une tombe, «c'est une façon de poursuivre un combat idéologique» Abonnés, L'année 2020 vue par les enfants : «Je n’irai pas jusqu’à dire qu’on était comme en prison mais bon...», Chine-UE : grand accord en vue sur les investissements Abonnés, L'Argentine légalise enfin l'IVG, le reste de l'Amérique latine à la traîne, Renforcement du couvre-feu, Saint-Sylvestre sous surveillance, loi IVG en Argentine... L'actu de ce mercredi matin, Vers un couvre-feu à 18h, disparition de Pierre Cardin, tremblement de terre en Croatie... 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Contacté, le ministère de la Justice en déduit – tout en restant prudent sur les interprétations – que «la délinquance des mineurs n’augmente pas». U… Les statistiques : « ont été conçues pour mesurer l’activité des services de police et de gendarmerie et non la délinquance elle-même ». C’est-dire que lorsque qu'on essaie de comprendre les évolutions de la délinquance et de la criminalité, il faut visualiser une tendance sur plusieurs années. Abonnés. La première est que la loi n’est jamais stable dans le temps car elle se modifie sans cesse. Abonnés Ces réactions témoignent des représentations collectives où les attaques sexistes sont euphémisées. Notons que tous les groupes d’infractions ne suivent pas la même évolution : alors que le nombre de mises en cause de mineurs pour atteintes aux biens a baissé de 20% de 1996 à 2018 (d’environ 100 000 à 80 000 suspicions de mineurs), celles pour atteintes aux personnes ont, elles, grandement augmenté en vingt ans (de 24 000 à 57 000), principalement du fait des violences physiques non crapuleuses (coups et blessures volontaires ; violences, mauvais traitement et abandons d'enfants) et des violences sexuelles. Consultez et comparez gratuitement les chiffres de la criminalité et de la délinquance dans votre ville, département ou région.